Des enfants soumis « à la question » à l’insu de leurs parents

mardi 10 juin 2008
par  mrap40
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Nous soumettons cette information à la lecture du public.
Cette information émane de la FCPE 64.

La fédération des Landes va contacter les syndicats enseignants du département 40 ainsi que la FCPE 40 pour avoir des précisions.

Le questionnaire est disponible sous ce lien, les questions litigieuses se trouvent dans la partie 4.

Ci-dessous la déclaration de la FCPE de Monein ainsi que le communiqué SNUipp-FSU 64 et du SE-UNSA 64

Conseil local de Monein

Des enfants soumis « à la question » à l’insu de leurs parents ! Expérimentation à l’école primaire de Monein de l’évaluation CM2

jeudi 22 mai 2008, par Conseil local Monein

Pire que base élève, une nouvelle opération de fichage ose utiliser les enfants dans le cadre même de l’école.

À l’école primaire de Monein sont arrivées, dans un gros carton, les évaluations dites expérimentales, concernant les CM2.

Rien que de très normal direz- vous. Sauf que, premier point surprenant, les dits documents, une fois complétés par les élèves devaient être retournés directement au ministère SANS QUE LES INSTITUTEURS LES AIENT CORRIGÉS. En outre, contrairement aux autres évaluations les parents n’avaient pas à prendre connaissance des évaluations de leur enfant....et pour cause !

Si les 3 premières parties sont somme toute assez anodines, la partie 4 révèle bien des surprises !

Elle s’intitule : PARTIE 4 QUESTIONNAIRE. On précise bien au bambin, qui a déjà fait auparavant 3 séries d’évaluations que « ici toutes tes réponses sont bonnes, il n’y a pas de mauvaises réponses ».

Et ça commence très fort avec des questions du type :

  • « Es -tu né en France ? »
  • « Ta mère est née en France ? »
  • « Ton père est né en France »
  • « Quelle langue parles- tu à la maison ? »
  • « D’habitude qui vit avec toi à la maison ?
  • a) ta mère
  • b) une autre femme tenant le rôle de ta mère
  • a) ton père
  • b) un autre homme tenant le rôle de ton père"

La ressemblance avec les questions qui figuraient sur la première mouture de BASE ÉLÈVES n’est certainement pas fortuite.

Viennent ensuite des questionnaires concernant « Ce que je pense des devoirs à la maison » morceaux choisis : « à la maison j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps » ou alors « je fais mes devoirs à la maison parce que j’aurais une mauvaise image de moi si je ne travaillais pas »

Également la rubrique « Ce que je pense de ce que je fais à l’école » avec des réponses comme « en classe je travaille parce que je n’ai pas envie que mon enseignant(e) me crie dessus »

Le questionnaire comporte 11 pages avec des questions QUI N’ONT RIEN À VOIR AVEC L’ÉVALUATION PÉDAGOGIQUE des petits CM2. De plus ces questions sont pernicieuses, retorses.

Quel est le but de ce questionnaire ? De quel droit le ministère de l’éducation fait-il remplir ces fiches qui interrogent sur la nationalité, les conditions de vie à la maison, sous prétexte d’évaluation pédagogique ?

Les parents ne sont pas informés de ce que l’on demande aux enfants. Sans l’attitude courageuse et civique des enseignants de l’école de Monein qui ont alerté les parents, cette opération dite « expérimentale » se serait déroulée dans le plus grand secret. L’utilisation, fourbe, de l’ingénuité des enfants qui n’ont pas d’autre choix que de répondre dans ce contexte scolaire, la volonté délibérée de ne pas informer les parents et de maintenir cette opération dans l’opacité, rappelle des pratiques totalitaires en cours dans d’autres lieux et dignes d’autres temps. Sans parler de la culpabilité que pourraient ressentir les enfants face à un tel interrogatoire.

Cette « expérimentation » touche ou va toucher certainement d’autres écoles mais elle se déroule dans la plus grande opacité. Il est de notre devoir à tous d’alerter parents, professionnels, élus et de dénoncer un scandaleux fichage des enfants.

Interrogé par le secrétaire départemental du SNUIPP 64 (syndicat majoritaire dans le premier degré), l’Inspecteur d’académie n’a pas souhaité répondre....

P.-S.
Vendredi 23 mai : devant l’avalanche deprotestations, malgré la caractère limité de l’expérimentation (80 écoles en France) le ministère a décidé de demander aux enseignants de ne pas faire remplir la partie 4 de l’évaluation CM2 « expérimentale ».


Communiqué de presse du SNUipp-FSU 64 et du SE-UNSA 64
le 9 mai 2008

Un questionnaire pernicieux

En attendant des explications de l’Inspecteur d’académie des Pyrénées-atlantiques et du ministère, le Se-UNSA64 et le SNUipp-FSU64 appellent les collègues de CM2 concernés par les évaluations « bilan de fin d’école » en phase expérimentale à ne pas faire remplir la partie 4 par les élèves.

En effet, cette partie bafoue l’intimité familiale de l’enfant (« tu es né en France ou dans un autre pays »… idem pour les parents, « quelle langue parles-tu à la maison ? » « qui vit avec toi à la maison ? ta mère/ une autre femme tenant le rôle de ta mère » etc...), met en exergue des jugements de valeurs pernicieux empreints de moralisme (« en classe, je travaille parce que j’aurai honte de moi si je ne travaillais pas »).

Les présupposés idéologiques du questionnaire posent problème tant dans la conception du rapport aux savoirs que dans la recherche des causes des difficultés scolaires. Leurs visions sont réductrices, orientées, erronées. De plus, l’enfant est toujours posé en situation de victime (des autres, du maître, des choix familiaux, du système…), une perception négative de l’école oriente le questionnaire tout du long (« je n’aime pas travailler dans le bruit » « en classe je travaille parce que je n’ai pas envie que mon enseignant me crie dessus »).

Un questionnaire qui, sous couvert d’objectivité, d’écoute de l’enfant et de pseudo scientifisme (« l’élève est considéré aujourd’hui comme un participant actif de son apprentissage scolaire » « en complémentarité à l’évaluation cognitive, l’objectif de ce questionnaire est d’interroger ces facteurs affectivo-motivationnels, appelés aussi dimension conative »), soulève de nombreuses questions sur l’objectif réel ? Nouvelle étape scandaleuse dans le fichage des élèves ? Quelles utilisations futures (Concurrence entre écoles, évaluations des enseignants, suspicion sur les familles…) ?

Ce questionnaire, à l’image des stages de rattrapage, des nouveaux programmes, s’est fait en l’absence de toute concertation avec les délégués des personnels, les parents, les professionnels de l’école. Va-t-on vers la généralisation de ces méthodes ministérielles ? Des questionnaires similaires ont déjà été largement décriés : lors de la publication du rapport de l’INSERM sur les troubles des conduites des enfants, pour le retrait de certains champs de la base élève, et localement sur Pau pour la suspension du questionnaire du Programme de Réussite Educative. Aujourd’hui encore, on essaie de passer en force par un questionnaire établi en catimini et en passation réduite (88 circonscriptions éducation nationale seraient concernées avant une généralisation future ?), en jetant une fois de plus le discrédit sur l’école publique.

Au lieu de favoriser les relations éducatives au sein de l’école avec une politique d’éducation ambitieuse pour tous, l’implantation d’équipes pluri-professionnelles complètes (personnels Rased, psychologues, médecins scolaires, travailleurs sociaux, infirmières…) on veut faire croire que l’établissement de questionnaires remplace un travail de fond respectueux de l’enfant, de sa famille et des professionnels sur le terrain.


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