MIMIZAN : « PALESTINE-ISRAEL : LA PAIX EN QUESTIONS »

samedi 4 mars 2006
par  mrap40
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« PALESTINE-ISRAEL : LA PAIX EN QUESTIONS » Avec le comité de Mimizan de la Grande Landes et du Born

CONDENSE CONFERENCE ROMAIN LALANNE « PALESTINE-ISRAEL : LA PAIX EN QUESTIONS »

DEMARCHE A la rentrée 2004 s’est constituée à l’IEP de Bordeaux une association étudiante qui s’est fixé comme objectif d’appréhender les données du conflit israélo-palestinien par une approche excluant tout préjugé ou a priori simpliste. Objective dans sa conception, cette initiative est engagée dans sa finalité, la volonté d’apporter comme beaucoup d’autres bonnes volontés une modeste contribution à la recherche d’une solution de paix équitable entre deux peuples. Après une première phase de débats et de réflexions, quatre membres de l’association sont partis en juin dernier à la rencontre des Palestiniens de Cisjordanie à Ramallah, Naplouse et Hébron, voyage qui leur a permis, au travers de multiples rencontres avec de simples citoyens et de représentants de la société civile, de mesurer sur le terrain les points de blocage matériels et psychologiques faisant obstacle à la paix. C’est le fruit des enseignements tirés du voyage et de sa réflexion personnelle que Romain Lalanne présente dans sa conférence au travers de quatre réalités : les colonies, le mur, la question des réfugiés, la crise politique.

LES COLONIES Indissociable de la genèses de l’Etat hébreu, la colonisation s’articule autour de quatre logiques stratégiques fortement structurées et consensuelles dans la classe politique israélienne : sécuritaire, économique, démographique, nationaliste et religieuse. Sur le terrain, les formes et dimensions du phénomène ont pu revêtir des importances relatives en fonction du contexte politique du moment. Réalité lourde au règlement différé lors des accords d’Oslo, la colonisation est un obstacle majeur pour l’émergence d’un Etat palestinien viable. Après le retrait de la bande de Gaza qui a brisé le tabou d’Eretz Israel, il est difficile de cerner les intentions véritables de l’Etat hébreu : accentuer la pression sur la Cisjordanie ou en amorcer le retrait. En tout été de cause, trois grands blocs ne semblent pas négociables pour Israël, quitte pour celui-ci à consentir des compensations territoriales, hypothèse d’ailleurs retenue par le groupe de Genève.

LE MUR L’idée d’un mur matérialisant physiquement la séparation entre deux entités séparées est née au sein du parti travailliste sous le gouvernement d’Ehud Barak. Pour ce dernier, sa réalisation devait préfigurer le constitution d’une entité politique palestinienne dissociée de l’Etat d’Israël dans l’esprit du plan Clinton. Reprenant l’idée du mur à son compte, le gouvernement Sharon lui a assigné d’autres finalités : sécuritaire sur certains secteurs, psychologique pour maintenir une contrainte lourde sur la populations palestinienne, économique pour pérenniser avec les territoires occupés une rupture des échanges. Avec pragmatisme, Sharon entendait aussi utiliser le mur comme une monnaie d’échange parmi d’autres donnant des marges supplémentaires à l’Etat d’Israël en vue d’hypothétiques négociations. A ce jour, la condamnation de la communauté internationale reste sans effet sur l’Etat hébreu, qui sera amené un jour à résoudre une situation à terme très pénalisante pour lui : avec ou sans séparation juridique formelle, les échanges de biens, flux de main-d’œuvre et gestion partagée des ressources énergétiques sont une nécessité vitale aussi bien pour Israël que la Cisjordanie .

LES REFUGIES La société palestinienne de Cisjordanie se compose de deux entités bien distinctes : les populations ayant leurs racines dans la région et les familles de réfugiés regroupées dans de grands camps aujourd’hui entièrement urbanisés, tels ceux de Balata et Djenine. Dans les camps, la nostalgie de la terre perdue et l’espoir du retour constamment entretenu constituent le ciment de l’identité palestinienne dans un creuset où se forge une véritable conscience nationale. Par un paradoxe proche de la schizophrénie et amplificateur de frustrations, c’est par l’exaltation du droit au retour sur des terres aujourd’hui étrangères que se fonde et se développe la volonté de la société palestinienne d’asseoir sa crédibilité pour bâtir un Etat viable sur place. En privé, beaucoup d’habitants des camps savent faire la différence entre l’incantation rituelle et la réalité des faits. La reconnaissance du droit au retour, même strictement formelle, est pourtant fondamentale pour une paix véritable car seule à même de lever un contentieux historique et psychologique pesant lourdement sur la conscience palestinienne.

LA CRISE POLITIQUE Une réalité palpable frappe le visiteur en Cisjordanie : celle d’une souffrance permanente liée aux contraintes et humiliations constantes imposées par l’occupation du territoire. La rancœur est lourde à l’égard de l’Etat d’Israël et de son armée mais rares sont les manifestations de haine à l’encontre du peuple israélien en tant que tel. Si la lassitude est le sentiment le plus généralement partagé, grande est l’animosité d’une part croissante de la population envers l’Autorité palestinienne, jugée responsable de l’échec de l’intifada et de ses conséquences catastrophiques pour l’infrastructure et l’économie. Impasse politique, corruption généralisée, dégradation dramatique des conditions de vie, l’opinion a perdu confiance en ses dirigeants pour sortir du marasme actuel.

NB / L’ampleur du vote sanction qui a donné la victoire au Hamas donne la mesure des attentes : que cesse la corruption et que reprenne une vie normale. La réussite du Hamas dans son mandat est conditionnée par sa capacité à répondre sans se renier à un quadruple défi : rassurer la communauté internationale, gérer la cohabitation avec le FATAH, contrôler sa frange radicale et nouer des contacts avec l’Etat hébreu. Malgré l’effacement de Sharon et le résultat inattendu des élections palestiniennes, il semble que l’opinion israélienne soit décidée à manifester lors des élections du 25 mars une volonté en faveur d’un règlement politique. Si les données du long contentieux entre les deux peuples sont les mêmes, l’environnement de ceux qui ont à le gérer est bouleversé. L’espoir est que de cette nouvelle donne puisse émaner des raisons d’espérer.


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