De la lutte des races au racisme

samedi 16 avril 2016
par  mrap40
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Nous regroupons ci-dessous deux articles concernant les dérives raciales de la mouvance "indigènes".
La dérive accelerée du PIR provoque maintenant des réactions fermes y compris parmi les sensibilités politiques qui n’étaient pas les plus critiques à l’égard de ce groupuscule. ;
La LICRA n’a jamais figuré parmi les amis du PIR mais la dernière tribune du Présidernt de la LICRA Alain Jakubowicz pose le problème de la pénétration raciste dans le champ antiraciste.
http://www.liberation.fr/debats/2016/04/11/la-supercherie-antiraciste_1445434
Peut-être encore plus cinglante et non dépourvue d’humour une excellente analyse sur le site "d’ensembleFDG"
https://www.ensemble-fdg.org/content/propos-de-les-blancs-les-juifs-et-nous-houria-bouteldja-la-fabrique-2016

1) De la boue sur le rétroviseur, elle n’ira pas à Auschwitz  !

Lors de l’émission Ce soir ou jamais du 18/03/2106 animée par Frédéric Taddei, Thomas Guenolé politologue, a affirmé qu’une partie de l’antiracisme est devenue raciste.

Pour illustrer sa démonstration il a cité les écrits d’Houria Bouteldja, leader du « Parti des indigènes de la République. »

Thomas Guenolé était encore en deçà de la gravité raciste de passages entiers des écrits d’ Houria Boutelja. Les 140 pages du livret « les blancs, les juifs et nous » se résument à un pamphlet antiblanc et antisémite qui n’a rien à envier aux écrits de "riposte laïque" stigmatisant les musulmans. Seules les populations ciblées diffèrent.

Houria Bouteldja : une actrice qui joue le rôle que les médias dominants lui ont assigné.

Houria Bouteldja est l’illustration d’une petite bourgeoisie qui s’auto-désigne représentative des quartiers populaires. A ce titre elle pousse la jeunesse discriminée et stigmatisée des quartiers populaires à la lutte de race contre les blancs ou la guerre contre la République. Mais celle qui entend incendier les esprits ne court pas d’autre risque que de glisser d’un des fauteuils que lui offrent généreusement les chaînes de télévision et des présentateurs en quête de politique spectacle. Mais ceux qu’elle incite aux débordements racistes et haineux contre la République, s’ils la suivaient dans sa haine raciale, s’exposeraient alors aux rigueurs de la loi. Ceux qui appellent à la guerre (des "races" dans le cas présent) n’en sont pas forcément les victimes.

On comparera les multiples invitations qu’offre la télévision à "l’indigène" préférée des médias au peu d’espace réservé aux associations, animateurs, et éducateurs de quartiers qui construisent la citoyenneté là où les habitants sont trop souvent abandonnés. Houria Bouteldja est un instrument de l’ordre médiatique dominant, ses outrances raciales font partie du système aussi sûrement que celles d’un Zemmour.

Bouteldja : Une haine raciale qui vise les blancs et les juifs.

Nous avions déjà traité de son racisme antiblanc, de son homophobie, de sa stigmatisation des couples mixtes , (nous y reviendrons ultérieurement, nous nous contenterons ici de commenter le chapitre "Vous, les juifs" de son pamphlet "les blancs, les juifs et nous">.

Elle prend des précautions, Houria Bouteldja : elle utilise l’argument "faux-cul" de tous les racistes qui aiment bien "leur" arabe, "leur" juif, ou "leur" musulman.
Les juifs sont "ses cousins", elle les aimerait presque ses cousins !, "je n’arrive pas à penser au Maghreb sans vous regretter" ..etc..etc. Elle appelle cela l’amour révolutionnaire, Mais l’amour proposé est un leurre qui ne dissimule pas les propos méprisants. Les juifs sont ses cousins certes , mais une « race » de cousins "dégénérés", un peu comme le "rebut" de la famille , car elle le clame : ce sont des serviteurs, des "dhimmis", des "tirailleurs" de la "race des blancs", honnie par la leader des indigènes.

Florilège raciste :

Houria Bouteldja et le vieux thème antisémite : de la "traîtrise" du juif !.

Houria Bouteldja s’inscrit dans cette longue tradition qui, de l’affaire Dreyfus à aujourd’hui théorise sur la traîtrise des juifs.
"je vous reconnaîtrais entre mille. Votre zèle est trahison. Il y en a même parmi vous qui combattent le racisme antiblanc. Et avec quelle énergie. Misère. Plus vous en faites, plus vous vous distinguez, plus vous êtes suspects.....vous n’êtes pas le véritable peuple élu." page40

Les juifs : des « dimmhis » (des soumis) à la « race » blanche.

"Puis-je me permettre de penser qu’en votre sein, c’est la part amoureuse du monde blanc qui vous à poussés à signer avec le diable".
"Mais aujourd’hui comme ils sont bons et forts vos protecteurs d’aujourd’hui. Vous avez renoncé à déchoir les blancs de leur trône et leur avez prêté allégeance...heureusement vous êtes récompensés. Dorénavant vous êtes parties prenantes de la "civilisation "judéo-chrétienne... dhimmhis c’est pas mal, mais tirailleurs de l’impérialisme sous sa forme sioniste, c’est encore mieux.... c’est comme si des sorciers vous avaient envoûtés. le sionisme n’est-il pas l’autre nom de votre capitulation
".page 52


Le retour du "détail" de l’histoire :

Seuls les naïfs où les complaisants y verront un hasard sémantique. Mais quand on utilise le mot "détail" pour désigner le génocide des juifs, on sait ce que l’on fait surtout quand lorsque l’on est une habituée des tribunes et des expressions publiques. Houria Bouteldja connaît le poids du mot et les procès contre Le Pen. Cette image subliminale du détail introduite dans son livre est un geste symbolique et politique.

"Avec Boujemaa j’ai compris une chose. Pour le sud, la shoah est "si j’ose dire", moins qu’un "détail". Elle n’est même pas dans le rétroviseur. Cette histoire n’est pas mienne et je tiendrai à distance tant que l’histoire et la vie des damnés de la terre resteront elles aussi "un détail". C’est pourquoi je vous le dit en vous regardant droit dans les yeux, je n’irai pas à Auschwitz page54".

Houria Bouteldja et l’antisémitisme "édenté" »

"A ce propos -vous allez me détester - vous avez une dette envers les "antisémites édentés" que nous sommes. . Lorsque certains d’entre-nous mal dégrossis s’invitent de le débat républicain avec leur pataugas, ils vous sont utiles... lorsque par exemple il s’en prennent à la mémoire du génocide, ils touchent à quelques chose de bien plus sensible que la mémoire des juifs… Ils s’en prennent au temple sacré : la bonne conscience blanche".page67

Ce concept d’antisémitisme "édenté" est extrêmement révélateur de la pensée de Boutledja. L’image est explicite, l’antisémitisme édenté de "certains d’entre-nous (les indigènes)", ne peut pas mordre !
Elle nous disait déjà "Mohamed Merah c’est moi, et moi je suis lui. Nous sommes de la même origine mais surtout de la même condition. Nous sommes des sujets post-coloniaux. Nous sommes des indigènes de la république.(sur le site du PIR)"

Nous pensons alors très fort à la petite Myriam exécutée d’une balle dans la tête à Toulouse, à Gabriel, Aryeh et leur père Jonathan, ainsi qu"aux malheureux clients du supermarché casher de la porte de Vincennes, tous victimes de l’antisémitisme "édenté" des "certains d’entre nous".

Mérah c’est moi... moi je suis lui….. certes quelques uns de ces "édentés" ont la kalachnikov facile..… mais « nous » appartenons à la même « race ». Nous sommes "nous" contre "eux", la "race blanche" et la "race juive " supplétive des blancs.

La théorie de l’antisémitisme édenté est une négation d’un antisémitisme bien réel qui assassine !.

C’est là tout ce qui distingue les identitaires communautaires "racialistes" des antiracistes universalistes. Ces derniers n’ont pas le « rétroviseur » sélectif. Le génocide des juifs et des tziganes, celui des Arméniens, le génocide du Rwanda, de Srebrenica, la déportation et l’esclavage de millions d’Africains, mais aussi les ravages de la colonisation, celles d’hier et celle d’aujourd’hui sur les terres palestiniennes font partie d’une mémoire partagée .

Nous l’avons bien compris : Houria Bouteldja n’ira pas à Auschwitz ... Le Pen non plus sans aucun doute !
Après tout cela vaut peut-être mieux, il y a trop de tâches sur leurs rétroviseurs respectifs
.

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2) Stéréotypes et gangrène identitaire

Quand les stéréotypes racistes sont véhiculés par des gens sans responsabilités c’est inquiétant. Il est alors de notre responsabilité associative de lutter contre ces préjugés et stéréotypes

Quand ils sont propagés par des responsables politiques ou associatifs, la chose est alors grave.

Cette vision du "blanc" n’a rien à envier aux autres clichés racistes concernant les musulmans, les arabes, les noirs, les roms ou encore les juifs.

Si le racisme antiblanc structurel n’existe pas, il y a néanmoins bien aujourd’hui des racistes antiblancs.

Sihame Assbague prétend lutter contre les contrôles policiers au faciès, (elle est leader de "stop contrôle au faciès"), elle écrit aussi sur les sites qui prétendent lutter contre "l’islamophobie" et co-signe des appels à manifester. Ce n’est pas un personnage lambda, c’est une militante et responsable associative.

Elle diffuse ici un cliché inacceptable sur le "blanc" (fut-il militant antiraciste !)

Le "blanc" est principalement "blond" avec les trois personnages centraux et de surcroît " à poil"

Comme elle s’affirme militante contre l’islamophobie, elle introduit l’image subliminale de "blanches blondes exhibitionnistes" en opposition aux "musulmanes pudiques" qui portent foulard.

Certains de ceux qui déjà écoutent les sirènes FN, alors qu’ils qu’ils triment au quotidien ou sont dans l’angoisse de l’attente d’un emploi, ne vont jamais à la plage, sont blonds ou ne le sont pas, dorment même parfois dans leur voiture, y verront alors le mépris à leur égard et voteront encore plus sûrement pour le parti d’extrême-droite.

Ces stéréotypes néo-raciaux, servent donc objectivement le Front National qui semble ici faire de la sous-traitance confiée à ses supplétifs communautaristes et identitaires.

Minable !


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